Diptyque double face avec Marie à Dabra Metmaq (recto) ; Saints (verso) — Ethiopian (1675) — glue tempera on panel, Walters Art Museum, Baltimore

Diptyque double face avec Marie à Dabra Metmaq (recto) ; Saints (verso)

Par Ethiopian · late 17th century (Gondarine) · Tempera

<p>The small scale of this painting and its protective covers facilitated its use as a portable icon. The hollow wooden cylinder attached to the body allowed the painting to be suspended from the owner's neck. The practice of wearing icons of the Virgin as pendants is documented in written sources as early as the fifteenth century. The main scene on this doubled-sided pendant commemorates the feast of Däbrä Metmaq. According to the "Miracles of Mary," this feast was instituted to celebrate an event that occurred annually in the church of Dayr al-Magtas, Egypt. For five days each spring, Mary miraculously appeared inside the cupola of the church, bathed in light and surrounded by angels. The main panel of this icon captures the visionary character of this event by enclosing the Virgin in a band of yellow light. Seraphim surround the outer border of red. The archangels Michael and Gabriel, depicted on the inside cover, evoke the heavenly hosts that accompanied the Virgin. By representing the major figures, the painter recreated the miraculous apparition in miniature for the pendant's owner. As the Festival of Däbrä Metmaq was especially important to women, and as the reverse of the pendant also bears the likenesses of two female martyr-saints, the patron of this work might have been female. The legend of the 15th-century saint Krestos Sämra describes how Christ bequeathed to her a painting, which he hung pendant-like around her neck. The delicately carved, painted covers transformed the closed pendant into a cherished object of personal devotion.</p><p>For the latest information about this object, <cite><a href='https://purl.thewalters.org/art/36.8' rel='external'>Double-sided Diptych with Mary at Dabra Metmaq (Front); Saints (Back)</a></cite>, visit the Online Collection of the Walters Art Museum.</p>

Du même auteur — Ethiopian

Œuvres de la même période — Baroque

Ce diptyque double face, anonyme et typique de l'art éthiopien gondarin du XVIIe siècle tardif, illustre la tradition iconographique chrétienne orthodoxe en Éthiopie. Réalisé en tempera collée sur panneau de bois, il mesure 11,11 x 25,7 cm et se distingue par sa fonction portable, conçue pour être portée autour du cou comme un objet de dévotion intime.

Contexte

L'œuvre provient de la période gondarine, fin du XVIIe siècle, sous la dynastie de Gondar qui marqua un apogée artistique en Éthiopie, influencée par le baroque européen tout en conservant une forte identité orthodoxe. Attribué à un artiste éthiopien anonyme, ce diptyque s'inscrit dans la production d'icônes mobiles destinées aux fidèles, particulièrement aux femmes, pour une piété quotidienne. La technique de la tempera collée sur panneau, courante dans l'art éthiopien, permettait une conservation durable malgré le format réduit et l'usage nomade.

Description et analyse

Le recto du diptyque dépeint la Vierge Marie lors de la fête de Däbrä Metmaq, un miracle annuel rapporté dans les Miracles de Marie. Selon la tradition, Marie apparaissait miraculeusement dans la coupole de l'église de Dayr al-Magtas en Égypte, baignée de lumière et entourée d'anges, pendant cinq jours chaque printemps. L'artiste capture cette vision en englobant la Vierge dans une bande de lumière jaune, symbolisant la radiance divine, tandis que des séraphins bordent l'extérieur d'un cadre rouge évoquant le feu céleste. Les archanges Michel et Gabriel, figurés sur la couverture intérieure, renforcent l'idée d'une escorte angélique accompagnant la Mère de Dieu, recréant ainsi l'apparition miraculeuse à l'échelle miniature.

Le verso présente deux saintes martyres féminines, dont l'identité précise n'est pas documentée, mais qui soulignent l'importance de cette fête pour les femmes dans la spiritualité éthiopienne. La petite échelle de l'œuvre (11,11 x 25,7 cm) et ses couvertures protectrices en bois ajouré, délicatement sculptées et peintes, en font un objet portable idéal. Un cylindre creux en bois fixé au corps permettait de le suspendre autour du cou, transformant le diptyque fermé en pendentif précieux. Cette pratique, attestée dès le XVe siècle dans les sources écrites éthiopiennes, évoque la légende de la sainte Krestos Sämra, à qui le Christ aurait légué une icône similaire portée en pendentif. L'ensemble évoque une dévotion personnelle intense, où l'icône devient un talisman protecteur, reliant le fidèle à la Vierge protectrice.

Stylistiquement, l'œuvre mêle influences locales et baroques : les figures sont stylisées avec des traits fins et des couleurs vives typiques de l'école gondarine, tandis que la composition hiérarchique et les bordures ornées rappellent une monumentalité adaptée au format réduit. La tempera collée, à base de pigments liés avec de la colle animale, assure une adhésion stable sur le panneau, favorisant une longévité malgré les manipulations quotidiennes. Les couvertures ajourées non seulement protègent les surfaces peintes mais ajoutent une dimension sculpturale, rendant l'objet un chef-d'œuvre d'artisanat dévotionnel. Cette dualité recto-verso permet une méditation alternée sur le miracle marial et les modèles de sainteté féminine, renforçant le rôle de l'icône comme vecteur de grâce dans la vie spirituelle éthiopienne.

Posterite

Conservé au Walters Art Museum de Baltimore depuis sa collection, ce diptyque illustre l'héritage durable des icônes portables éthiopiennes dans l'étude de l'art chrétien africain. Il inspire des recherches sur la piété féminine et les échanges artistiques entre Éthiopie et le monde méditerranéen. Bien que anonyme, il contribue à la reconnaissance de l'école gondarine comme un pilier du baroque africain, avec des expositions et publications soulignant son rôle dans la dévotion personnelle.

Questions fréquentes

Qui a réalisé le diptyque double face Marie à Dabra Metmaq ?

Ce diptyque est attribué à un artiste éthiopien anonyme de la période gondarine. Il s'inscrit dans la tradition artisanale collective de l'art orthodoxe éthiopien du XVIIe siècle tardif. Aucune signature ou attribution précise n'est documentée.

Quelle est la date de création de cette œuvre ?

L'œuvre date de la fin du XVIIe siècle, sous la dynastie gondarine en Éthiopie. Cette période marque un essor artistique influencé par le baroque. Les sources historiques confirment cette datation approximative sans précision annuelle.

Où est conservé le diptyque Marie à Dabra Metmaq aujourd'hui ?

Il est conservé au Walters Art Museum à Baltimore, aux États-Unis. Cette institution abrite une importante collection d'art éthiopien. Pour les informations les plus récentes, consultez leur collection en ligne.

Quel est le sujet principal de ce diptyque ?

Le recto représente la Vierge Marie lors de la fête de Däbrä Metmaq, un miracle où elle apparaît baignée de lumière. Le verso montre deux saintes martyres féminines. L'ensemble célèbre la dévotion mariale et des modèles de sainteté.

Pourquoi ce diptyque est-il important dans l'histoire de l'art ?

Il exemplifie les icônes portables éthiopiennes, utilisées comme pendentifs dévotionnels dès le XVe siècle. Il met en lumière la piété féminine et les influences baroques en Afrique. Son format miniature recréé des visions miraculeuses pour une pratique intime.

Sources et références

  • Walters Art Museum, Baltimore
  • Source primaire : walters