Renaissance italienne
1400 – 1600
1400 – 1600
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La Renaissance italienne désigne, comme période, les deux siècles durant lesquels la péninsule italienne — divisée en cités-États, royaumes et États pontificaux — invente une peinture qui transformera durablement l'art occidental. Cette période, qu'on situe conventionnellement entre 1400 et 1600, recouvre trois phases : le Quattrocento (XVe siècle, premiers développements à Florence), la Haute Renaissance ou Cinquecento florentin et romain (vers 1490-1530, sommet classique), et le Maniérisme (vers 1520-1600, raffinement et complexification).
Distincte du courant Renaissance italienne (qui désigne le style et ses caractéristiques formelles), la période englobe l'ensemble de la production picturale italienne durant ces deux siècles, y compris les écoles régionales (florentine, vénitienne, ombrienne, lombarde) et les courants concurrents qui s'y développent.
À Florence, dans le contexte de l'humanisme civique et du mécénat des Médicis, se mettent en place dans les années 1420-1430 les outils techniques et conceptuels de la peinture moderne. Filippo Brunelleschi formalise vers 1420 les règles de la perspective linéaire. Masaccio (1401-1428) les applique à la peinture dans la chapelle Brancacci (1424-1428), modelant pour la première fois des corps massifs dans un espace mathématiquement construit.
Cette première Renaissance — qu'on appelle aussi la première Renaissance ou Quattrocento — réunit ensuite Fra Angelico (peintre dominicain, dont l'usage de la perspective sert la spiritualité), Paolo Uccello (obsédé par la géométrie), Filippo Lippi, Domenico Ghirlandaio, Piero della Francesca (peintre théoricien, La Flagellation, Les Histoires de la Vraie Croix) et Sandro Botticelli (La Naissance de Vénus, Le Printemps, vers 1480-1485) qui apporte une grâce mélancolique et une intellectualité néoplatonicienne nouvelles.
Le passage du XVe au XVIe siècle voit émerger les trois figures qui incarneront pour les siècles suivants l'idéal de la Renaissance.
Léonard de Vinci (1452-1519) — peintre, ingénieur, savant — révolutionne la peinture par son sfumato (transitions tonales d'une douceur inégalée), par sa Cène (Milan, 1495-1498) qui met en scène la psychologie d'un instant, et par sa Joconde (vers 1503-1519) dont le sourire et le paysage atmosphérique fixent un type universel.
Michel-Ange (1475-1564), peintre presque malgré lui (il se considérait sculpteur), réalise sur la voûte de la Chapelle Sixtine (1508-1512) puis le Jugement dernier (1536-1541) deux des œuvres les plus monumentales de l'art occidental. Son anatomie héroïque, ses corps en torsion (figura serpentinata), influencent toute la peinture européenne pour deux siècles.
Raphaël (1483-1520), plus jeune, plus suave, synthétise les leçons de Léonard et Michel-Ange dans un classicisme équilibré. Ses Chambres du Vatican (1508-1517), notamment L'École d'Athènes, et ses Madones (Sixtine, du Belvédère) installent un canon idéal qui dominera l'académisme jusqu'au XIXe siècle.
Tandis que Florence et Rome privilégient le dessin (disegno), Venise développe en parallèle une voie spécifique fondée sur la couleur (colorito). Giovanni Bellini initie cette tradition à la fin du XVe siècle ; Giorgione (mort jeune en 1510) apporte une atmosphère poétique nouvelle (La Tempête) ; Titien (vers 1490-1576) la porte à son apogée pendant soixante ans de carrière exceptionnelle. Sa Vénus d'Urbino (1538), ses portraits impériaux et ses poésies mythologiques fondent l'école vénitienne dont Tintoret, Véronèse et plus tard Rubens, Velázquez puis Delacroix se réclameront.
À partir de 1520-1525, après la mort de Raphaël et le sac de Rome de 1527, une nouvelle génération s'éloigne du classicisme équilibré. Le Maniérisme — Pontormo, Rosso Fiorentino, Parmigianino, Bronzino — privilégie les proportions allongées, les compositions complexes, les couleurs acides, la virtuosité technique. C'est la phase finale de la Renaissance italienne, qui se prolonge jusqu'à l'aube du Baroque vers 1600.
La Renaissance italienne est inséparable de son système de mécénat. À Florence, les Médicis ; à Rome, les papes (Jules II, Léon X) ; à Venise, le Sénat et les confréries (scuole) ; à Milan, les Sforza ; à Mantoue, les Gonzague ; à Urbino, les Montefeltro. Ces commanditaires — princes, prélats, banquiers — financent les ateliers et orientent les sujets. Ils créent le marché qui rend possible la professionnalisation du peintre.
La Renaissance italienne fixe pour quatre siècles les codes de la peinture occidentale : perspective linéaire, anatomie idéalisée, composition pyramidale, couleur atmosphérique vénitienne. Ses chefs-d'œuvre — La Cène, le plafond Sixtine, L'École d'Athènes, La Joconde, la Vénus d'Urbino — constituent le canon partagé qui sert de référence à toutes les écoles ultérieures. Voir aussi la Renaissance flamande qui se développe en parallèle dans les Pays-Bas, avec laquelle l'Italie dialogue constamment.
La Renaissance italienne couvre les deux siècles 1400-1600, divisés en trois phases : le Quattrocento (1400-1500, fondation à Florence), la Haute Renaissance ou Cinquecento (vers 1490-1530, sommet classique), et le Maniérisme (1520-1600, complexification raffinée).
Léonard de Vinci (1452-1519, La Cène, La Joconde), Michel-Ange (1475-1564, plafond Sixtine, Jugement dernier) et Raphaël (1483-1520, Chambres du Vatican, L'École d'Athènes) sont les trois figures qui incarnent pour les siècles suivants l'idéal classique de la Renaissance.
L'école florentine privilégie le dessin (disegno) : ligne précise, anatomie construite, perspective mathématique. L'école vénitienne privilégie la couleur (colorito) : touche colorée, atmosphère lumineuse, forme construite par la couleur. Cette opposition structure toute la peinture européenne jusqu'au XIXe siècle, prolongée par la querelle Ingres-Delacroix.
Florence réunit au début du XVe siècle plusieurs conditions exceptionnelles : richesse de la banque (les Médicis), humanisme civique, héritage de Giotto, présence d'érudits néoplatoniciens, concurrence émulatrice entre ateliers (Ghiberti, Brunelleschi, Donatello, Masaccio). Cette concentration permet l'invention de la perspective et la fondation de la peinture moderne.
Le Maniérisme (1520-1600) est la phase finale de la Renaissance italienne. Il prend la suite de la Haute Renaissance après la mort de Raphaël (1520). Caractéristiques : proportions allongées, compositions complexes, couleurs acides, virtuosité technique extrême. Représentants : Pontormo, Rosso Fiorentino, Parmigianino, Bronzino, le Greco. Il prépare le Baroque.