Art contemporain
1970 – 2099
1970 – 2099
Article
L'Art contemporain désigne, par convention historiographique, l'art produit depuis approximativement 1970 jusqu'à nos jours — la frontière exacte avec l'art moderne (1860-1970) faisant débat. Là où l'art moderne s'organisait autour de mouvements successifs et identifiables (impressionnisme, cubisme, surréalisme, expressionnisme abstrait), l'art contemporain est marqué par une pluralité radicale : aucun style dominant, aucune avant-garde unique, mais une coexistence de pratiques infinies — peinture, sculpture, photo, vidéo, performance, installation, art numérique, bio-art.
Cette pluralité est l'une de ses définitions structurelles. Pour la première fois dans l'histoire, on ne peut plus parler d'un « style de l'époque ». Damien Hirst exposant un requin formolé, Gerhard Richter peignant des photos floues, Jeff Koons fabriquant des ballons en acier inoxydable, Yayoi Kusama installant des miroirs infinis : tout coexiste dans la même biennale.
L'art contemporain naît de l'épuisement des derniers grands « ismes ». Le Pop Art (Warhol, Lichtenstein) avait introduit la culture de masse dans la peinture. Le minimalisme (Stella, Judd) avait épuisé la peinture comme objet. À partir de 1968, plusieurs ruptures simultanées ouvrent l'âge contemporain :
Ces ruptures partagent un même refus : celui du tableau bourgeois comme marchandise contemplable.
Pourtant, dès 1980, la peinture revient en force avec le néo-expressionnisme. En Allemagne, Anselm Kiefer, Georg Baselitz, Sigmar Polke et Gerhard Richter rouvrent la peinture historique et figurative. En Italie, la Transavanguardia (Sandro Chia, Francesco Clemente, Enzo Cucchi) renoue avec le récit mythologique. Aux États-Unis, Julian Schnabel, Eric Fischl et Jean-Michel Basquiat mêlent peinture, graffiti et critique sociale.
Cette réhabilitation de la peinture s'accompagne d'un retour du marché : les années 1980 voient l'explosion des prix dans les ventes contemporaines, la naissance des grandes galeries marchandes (Larry Gagosian, David Zwirner) et la transformation de l'art contemporain en classe d'investissement.
À partir des années 1990, l'art contemporain devient véritablement global. Les biennales se multiplient hors d'Occident : Biennale de Sharjah (1993), Biennale de Shanghai (1996), Documenta XII (avec une dimension postcoloniale assumée), Biennale de Dakar. Des artistes non-occidentaux deviennent stars internationales : Ai Weiwei et Cai Guo-Qiang (Chine), Yinka Shonibare (Nigeria/UK), Kara Walker et Kerry James Marshall (USA), Marlene Dumas (Afrique du Sud), Subodh Gupta (Inde).
Le marché contemporain se mondialise : Hong Kong, Dubaï, Sao Paulo deviennent des places fortes aux côtés de New York, Londres, Paris. Les fortunes asiatiques (chinoises, qatariennes) bouleversent les classements de collectionneurs.
Quelques figures dominent la scène contemporaine :
L'art contemporain ne se limite pas à la peinture. Il englobe : installation (Christian Boltanski, Olafur Eliasson, Anish Kapoor), vidéo (Bill Viola, Bruce Nauman, Pipilotti Rist), photographie plasticienne (Cindy Sherman, Andreas Gursky, Wolfgang Tillmans), performance (Marina Abramović, Tino Sehgal), sculpture (Louise Bourgeois, Antony Gormley), art numérique (Refik Anadol, teamLab) et plus récemment NFT et art génératif par IA.
L'art contemporain reste controversé. Ses détracteurs lui reprochent l'hermétisme conceptuel, la spéculation marchande, la rupture avec le grand public. Ses défenseurs y voient le miroir le plus exact de notre époque : globalisée, plurielle, marchandisée, technologisée. Les débats actuels — restitutions postcoloniales, écologie de l'art, IA générative, identités queer et non-binaires — montrent que l'art contemporain reste un champ vivant, en transformation constante.
La frontière fait débat, mais on retient généralement 1970 comme date conventionnelle de début, après la fin du Pop Art et l'épuisement du minimalisme. Certains historiens placent la rupture en 1989 (chute du mur, fin de la guerre froide, globalisation). L'art produit avant 1970 reste qualifié d'art moderne.
L'art moderne (1860-1970) s'organise autour de mouvements successifs identifiables (impressionnisme, cubisme, expressionnisme, abstraction). L'art contemporain (1970-) est marqué par la pluralité radicale : pas de style dominant, coexistence de pratiques infinies, élargissement aux médias non-picturaux (vidéo, installation, performance).
Parmi les figures majeures : Gerhard Richter, Damien Hirst, Jeff Koons, Yayoi Kusama, David Hockney, Anselm Kiefer, Marlene Dumas, Cindy Sherman, Ai Weiwei, Banksy, Jean-Michel Basquiat (mort en 1988), Kerry James Marshall et Marina Abramović.
Plusieurs facteurs expliquent l'inflation des prix : globalisation du marché, financiarisation de l'art (collections-investissements), rareté délibérée (éditions limitées), spéculation sur la cote des artistes vivants, marketing puissant des grandes galeries (Gagosian, Zwirner, Hauser & Wirth). Une œuvre de Koons ou Hirst peut atteindre des dizaines de millions de dollars.
Oui, malgré les annonces récurrentes de sa « mort ». Les années 1980 ont vu un retour spectaculaire avec le néo-expressionnisme (Kiefer, Basquiat, Schnabel), et la peinture domine encore le marché contemporain. Gerhard Richter, Marlene Dumas, Peter Doig, Kerry James Marshall, Cecily Brown, Lucian Freud (mort en 2011) prouvent la vitalité du médium pictural au XXIe siècle.