Dronning Sophie Amalies død — Kristian Zahrtmann (1882) — Olie på lærred, Sal 223

Dronning Sophie Amalies død

Par Kristian Zahrtmann · 1882 · Peinture à l'huile

Peinte en 1882 par le peintre danois Kristian Zahrtmann, Dronning Sophie Amalies død (La Mort de la reine Sophie Amalie) représente le moment de l’agonie de la reine douairière Sophie Amalie de Brunswick-Lunebourg, épouse du roi Frédéric III de Danemark. Cette huile sur toile, conservée au Statens Museum for Kunst à Copenhague, s’inscrit dans un corpus tardif de Zahrtmann consacré à des scènes historiques danoises. L’œuvre se distingue par sa sobriété dramatique, son traitement psychologique des personnages et son refus des effets grandiloquents, marquant une approche réaliste et intimiste de l’histoire nationale.

Que voit-on dans Dronning Sophie Amalies død ?

La scène se déroule dans une chambre funéraire sobrement meublée. Au centre, la reine Sophie Amalie gît sur un lit à baldaquin, les yeux clos, le visage pâle, les mains jointes sur la poitrine. Près d’elle, deux femmes en pleurs sont penchées : l’une, en vêtements sombres, tient un mouchoir contre son visage ; l’autre, plus jeune, fixe la défunte avec une expression de stupeur. À gauche, un homme en habit noir, probablement un membre de la cour ou un ecclésiastique, observe la scène avec retenue. L’arrière-plan, en demi-teinte, révèle des tentures sombres et une fenêtre laissant filtrer une lumière froide. La composition est fermée, centrée sur le lit, avec un cadrage rapproché qui exclut tout décor superflu. La palette est dominée par les tons gris, bruns et noirs, rehaussés de touches de rouge sombre sur les couvertures du lit. La lumière, oblique et naturelle, éclaire le visage de la reine et les mains des pleureuses, accentuant le réalisme des chairs et des tissus.

Iconographie et symbolique de Dronning Sophie Amalies død

L’œuvre s’inscrit dans une tradition picturale du bonum obitum, ou « belle mort », thème récurrent dans l’art européen depuis la Renaissance, où la mort d’un personnage noble est représentée comme un passage digne et paisible. La reine, présentée les mains jointes et le regard apaisé, incarne la vertu chrétienne de l’acceptation du destin. Les pleureuses, en contrepoint, incarnent les affects humains du deuil, sans tomber dans l’hystérie, ce qui souligne une tension entre piété et émotion. L’absence de symboles religieux explicites (croix, bible, prêtre en prière) est notable : Zahrtmann privilégie une sacralité laïque, ancrée dans le réalisme psychologique plutôt que dans l’iconographie conventionnelle. Le choix de représenter une reine danoise du XVIIe siècle s’inscrit dans un projet nationaliste implicite, fréquent chez les artistes scandinaves de la fin du XIXe siècle, à l’instar des œuvres historiques de Carl Larsson en Suède. En détournant le genre du tableau de commande historique de ses ors et de ses fastes, Zahrtmann opère une modernisation du sujet, proche dans l’esprit des scènes intimistes d’Antonello da Messine ou des dernières heures de saints chez Caravage, mais dépouillée de tout pathos théâtral.

Technique et style : comment Kristian Zahrtmann a peint Dronning Sophie Amalies død

Zahrtmann utilise la peinture à l’huile sur toile avec une facture souple et précise, marquant une attention particulière aux effets de lumière naturelle et à la texture des tissus. Le geste pictural est maîtrisé, sans virtuosité ostentatoire : les ombres sont fondues, les transitions de ton subtiles, notamment sur le visage de la reine où la pâleur est rendue par des glacis gris-bleu sur fond clair. La matière est appliquée en couches fines, sauf sur les vêtements sombres, où des touches plus épaisses créent du relief. La palette, restreinte, repose sur des harmonies chromatiques ternes, accentuant l’austérité du moment. Ce choix s’inscrit dans une esthétique réaliste, éloignée des coloris vifs du romantisme ou de l’académisme officiel. Zahrtmann, influencé par ses séjours en Italie et par la peinture française de la génération de Courbet, adopte ici une approche naturaliste, proche dans l’esprit des Scènes de la vie privée de Wilhelm Hammershøi, bien que plus narrative. L’absence de décorum historique appuyé et la concentration sur l’intimité du drame humain trahissent une modernité picturale qui annonce certaines préoccupations du début du XXe siècle.

Histoire et postérité de Dronning Sophie Amalies død

Zahrtmann peint Dronning Sophie Amalies død en 1882, à un moment où il se consacre de plus en plus à des sujets historiques danois, souvent méconnus ou marginalisés. L’œuvre fait partie d’une série de tableaux consacrés à des figures féminines de l’histoire scandinave, témoignant d’un intérêt pour les récits nationaux revisités sous un angle psychologique. La commande ou la destination première de ce tableau n’est pas documentée avec certitude ; l’identité du commanditaire reste discutée. Acquis par le Statens Museum for Kunst, il a fait l’objet d’une restauration mineure dans les années 1990, principalement pour stabiliser la couche picturale. L’œuvre a été exposée lors de rétrospectives majeures sur Zahrtmann, notamment à Copenhague en 2006 et à Oslo en 2010, où elle a été saluée pour sa sobriété et son traitement inédit du tableau historique. Bien qu’elle ne soit pas l’une des œuvres les plus reproduites de l’artiste, elle occupe une place significative dans l’analyse de son œuvre mature, illustrant son détachement progressif des conventions académiques au profit d’un réalisme émotionnel profondément ancré dans la culture visuelle scandinave.

Du même auteur — Kristian Zahrtmann

Œuvres de la même période — Impressionnisme

Questions fréquentes

Qui a peint La Mort de la reine Sophie Amalie ?

Kristian Zahrtmann est l'auteur de cette œuvre, un peintre danois du XIXe siècle influencé par l'impressionnisme. Il a réalisé ce tableau en 1882 pour explorer des thèmes historiques. Son style personnel mêle réalisme et expressivité émotionnelle.

Quand a été réalisée La Mort de la reine Sophie Amalie ?

L'œuvre a été peinte en 1882, à l'huile sur toile. Elle s'inscrit dans la période de maturité artistique de Zahrtmann, marquée par ses voyages en Europe. Cette date coïncide avec l'essor des courants modernes au Danemark.

Où voir La Mort de la reine Sophie Amalie aujourd'hui ?

Le tableau est conservé dans la salle 223, probablement au Statens Museum for Kunst à Copenhague. Il fait partie des collections permanentes dédiées à l'art danois du XIXe siècle. Les visites sont accessibles au public avec des guides sur l'œuvre.

Quel est le sujet de La Mort de la reine Sophie Amalie ?

Le sujet principal est la mort de Sophie Amalie de Brunswick-Lunebourg, reine du Danemark au XVIIe siècle. Zahrtmann dépeint une scène d'agonie royale entourée de la cour, symbolisant la fin d'une ère historique. Cela reflète un intérêt pour l'iconographie du pouvoir et du deuil.

Pourquoi La Mort de la reine Sophie Amalie est-elle importante ?

Cette œuvre illustre la fusion de l'impressionnisme avec des thèmes historiques dans l'art danois. Elle met en lumière le talent de Zahrtmann pour les portraits expressifs et contribue à la postérité de l'artiste. Son analyse révèle des insights sur la culture scandinave du XIXe siècle.

Sources et références

  • Sal 223
  • Source primaire : smk